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Commentaires


CD 1 - LE JOUR DES MERVEILLES

CD 2 - LE CHÂTEAU DE L'ÂME

CD 3 - LE JEU DES PERLES DE VERRE

Sources d'inspiration (index)

Bibliographie

 


Photo Philippe Bernier

 

CD 1 – LE JOUR DES MERVEILLES
à Françoise

 

HEUREUX CEUX QUI CHANTENT (Jacques Burtin)
à la mémoire d’Yves Saint Laurent

« Heureux ceux qui chantent de tout leur cœur, dans la droiture de leur cœur »
Henri Matisse, Jazz

Une photographie. Sur le bureau d’Yves Saint Laurent, je découvre des papiers découpés de la main de l’artiste dans le jaune le plus pur : je pense à Matisse, à son bonheur de travailler dans le vif de la couleur, à unir dans un même geste, héritier de toute une vie d’efforts, le plaisir et la louange. Puis je me rappelle l’émotion qu’adolescent j’avais ressentie lorsqu’à l’occasion d’une émission télévisée j’avais entendu le témoignage du grand couturier s’inspirant des œuvres de Mondrian, de Warhol ou de Matisse pour réaliser ses propres créations. En lui je reconnus aussitôt un frère car contrairement à beaucoup d’artistes qui se drapent dans leur superbe et croient pouvoir œuvrer perpétuellement dans la rupture, je me suis toujours nourri de l’œuvre des maîtres : peintres, poètes, sculpteurs, chorégraphes… Nous sommes faits de toutes les influences, c’est-à-dire de tout l’amour qui nous traverse.

 

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UNE FEMME SOUS LA PLUIE (BALLADE POUR ETTY)
(Jacques Burtin)
à la mémoire d’Etty Hillesum

Dans ma « Bibliothèque dorée », aux côtés de la Bible, du Coran ou de certains écrits taoïstes, quelques livres compagnons : les écrits de Etty Hillesum sont de ceux-là.

Cette jeune femme d’origine juive, qui vécut à Amsterdam au début des années quarante, tint un journal d’une vérité et d’une intensité poignantes. Elle y cherche à se connaître sans fards, dans un constant effort de lucidité non dénué d’humour. Elle décrit au fil des jours la persécution dont ses semblables sont l’objet ; en même temps, elle découvre en elle un amour qui ne cesse de grandir, amour qui s’exprime aussi bien dans l’apprentissage de la prière que dans l’aide inconditionnelle qu’elle porte à tous les inconnus qu’elle rencontre et la joie qu’elle leur communique : c’est volontairement qu’elle se rend au camp de transit qui doit la mener à la mort, sentant brûler en elle le flambeau d’une liberté totale, d’un amour inconditionnel, d’une joie libératrice au-delà de toute privation et de toute horreur.

« Aujourd’hui, mon cœur a connu plusieurs morts et plusieurs résurrections aussi. De minute en minute, je prends congé et me sens détachée de toutes choses extérieures. Je romps les amarres qui me retiennent encore, je hisse à bord tout ce dont je crois avoir besoin pour entreprendre le voyage. Je suis assise au bord d’un canal paisible, mes jambes pendent le long du mur de pierre et je me demande si, un jour, mon cœur ne sera pas trop las et trop usé pour continuer à voler à son gré avec la liberté de l’oiseau. »
Etty Hillesum, Lettres de Westerbork

Jusqu’à son dernier message, qu’elle jeta du train qui l’emmenait à Auschwitz, elle sut porter cette liberté et la communiquer à ceux qui la côtoyaient.

 

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DIPTYQUE DU BONHEUR (Jacques Burtin)

I. Danseuse espagnole
à Mary Ann Caws

II. La Vie lumineuse et lente
à Boyce Bennett

 

La « danseuse espagnole » qui a inspiré la première pièce n’est pas andalouse : c’est une sculpture de Joan Miró. Une plume est fixée à un bouchon de liège par une épingle à chapeau. L’œuvre est gracieuse, légère, sans âge.

Cette musique fut composée à la demande du poète et cinéaste Benoît Lardières, pour illustrer un court métrage consacré à Joan Miró. (Le film est visible sur le site de Benoît Lardières : lignesdefuite.com, section « Marelle », case « Peintures », cliquer sur « 12+1 »).

La Vie Lumineuse et lente est le pendant de cette danse, l’horizon sur lequel elle se déploie – une autre danse plus lente, sur les rivages de l’éternité.

 

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DÉDICACE (Dominique Catta)

En 1963, neuf moines venus de l’Abbaye de Solesmes fondaient un monastère à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, près d’un village nommé Keur Moussa. Plutôt que de faire venir un orgue, les moines adoptèrent les instruments du pays : percussions, balafon… et kora. Ces instruments allaient bientôt accompagner quotidiennement la liturgie du monastère. Le maître de chœur, le frère Dominique Catta, allait être le premier compositeur occidental à écrire pour la kora ; il deviendrait l’ami des griots, ouvrirait l’apprentissage de la kora aux hommes et aux femmes issus d’autres cultures et susciterait une nouvelle école de composition, respectueuse de l’instrument traditionnel et ouverte sur le monde.

 

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LE JOUR DES MERVEILLES (DAYS OF WONDER) (Jacques Burtin)
à Grace Schulman

I. Le Jour des merveilles (thème)

II. Variation n°1

III. Variation n°2

IV. Variation n°3

V. Thème (reprise)


La poésie est la mère, la matrice.

Elle est la porte de l’âme qui passe, à travers elle, de l’éphémère à l’éternel, du tangible à l’intangible. Elle nous dit que nous sommes mortels, mais qu’un feu sans âge nous habite et qu’au jour du Jugement nous sommes appelés à nous relever dans la lumière.

La poésie n’invente rien : elle nous ouvre les yeux. Elle nous dit ce qui est, et nous souffle que chaque jour est un miracle.

Nous marchons sur l’eau et nous ne le savons pas.

 

Le Jour des merveilles (en anglais, Days of Wonder) est le nom d’un recueil de poèmes de la poétesse new-yorkaise Grace Schulman. Ses poèmes ne sont pas encore traduits en français ; j’en donnerai ici quelques titres, pour faire chanter l’imagination :

Ecrit sur une carte routière – Au pays de l’urgence, il est un langage – Enterrement d’un pêcheur à Hydra – Bénie soit la lumière - Chansons de mes pères - Pas de cordes -– Instructions pour un voyage - Les Peintures de nos vies – Poème finissant par un verset des Psaumes - Un an sans ma mère – Une planche de surf abandonnée sur une mer calme.

 

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LES CHEMINS DE L’AMOUR (Jacques Burtin)
à la mémoire de Martial Filhon

Ecrite en une nuit pour honorer la mémoire du père d’une amie, cette pièce fut créée le 19 avril 2007 en l’église de Bagneux (région parisienne).

 

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CHANT DES MONTÉES (Dominique Catta)

Traditionnellement, au moment de certaines fêtes (la Pâque, la Pentecôte, les Tentes), les pèlerins juifs se rendaient à Jérusalem – ville située à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer - en chantant un certain nombre de Psaumes. Pour cette raison, ces psaumes étaient surnommés « Psaumes des montées ». (Il s’agit des Psaumes 120 à 134).

Le Frère Dominique Catta a voulu exprimer, dans ce morceau, sa joie d’aller vers la Maison du Père, et l’espérance qui l’habite au long du chemin.

 

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L’OR JETÉ AU FLEUVE (Sonate pour Kora n°1) (Jacques Burtin)

I. Prélude

II. Éloge de la parole

III. Fêtes de la soif

IV. Éloge de la fragilité


Le peintre Yves Klein, qui a créé une œuvre tout habitée de bleu et d’or, a réalisé à la fin des années cinquante un projet singulier : les collectionneurs se voyaient proposer des cessions de « zone de sensibilité picturale immatérielle ». L’acquéreur apportait un certain poids d’or fin ; en échange, l’artiste lui remettait un reçu, reçu que l’acquéreur s’engageait à brûler séance tenante ; après quoi Yves Klein jetait la moitié de l’or dans la Seine. C’est en souvenir de ce geste que j’ai écrit cette sonate, en pensant à tout ce qu’il y a d’inachevé en nous, mais aussi à ce miracle : que la Beauté puisse habiter chacun de nos gestes – promesse et réalisation de la promesse.

 

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LUMIÈRE D’AURORE (Dominique Catta)

Lumière d’aurore fut d’abord écrit pour hautbois et kora ; puis le frère Dominique Catta transcrivit cette pièce pour la kora seule. Comme beaucoup de ses compositions, cette pièce est à mi-chemin de l’écriture classique occidentale et du jeu des griots.

 

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SEUL L’AMOUR (Eastwood Diptych)
(Jacques Burtin)

I. La prochaine saison
à Clint Eastwood

Les films de Clint Eastwood me font penser à Chamfort, ou mieux, à Montaigne. On y saisit le désir de s’approcher au plus près de l’homme sans idée préconçue, dans la dignité, la pudeur et tolérance ; il se dégage d’eux une tristesse indéfinissable qui pourrait ressembler à du détachement, si ne couvait le feu de la compassion.

Comme chez Dreyer, comme chez Ozu, le désir de connaître, de comprendre et d’aimer – et puis l’amour du jazz : l’inextinguible soif de liberté.

II. Carmel, California
à Françoise Murillo

La petite ville de Carmel-by-the-Sea, située à cent cinquante kilomètres au sud de San Francisco, est une ville enchantée. A Carmel, les rues n’ont pas de trottoir, et il n’y a pas d’éclairage public. Les voitures roulent au pas, et c’est la lumière des maisons – de minuscules cottages, des maisons de poupée – qui éclaire les rues. Dans un square, sur un banc de bronze, un couple de statues : deux vieillards souriants se tiennent doucement par la main. Plus loin, la plage de sable blanc bordant le Pacifique. Les enfants dorment, le jour point.

J’ai marché avec toi dans la ville endormie, vers la plage qui n’a pas de fin.

 

 


Photo Philippe Bernier

 

CD 2 – LE CHÂTEAU DE L’ÂME
à Vincent

 

CANTILÈNES (Jacques Burtin)
à Pilar Belzunce, et en mémoire d’Eduardo Chillida

I. Cantilène 1

II. Cantilène 2

III. Cantilène 3

IV. Cantilène 4

V. Cantilène 5

VI. Cantilène 6

De saison en saison, je me suis rendu dans le village d’Hernani, près de Saint-Sébastien, dans la grande ferme transformée en musée par Eduardo Chillida. Les formes d’acier géantes disposées dans le parc et que la pluie effeuille, les blocs de marbre évidés, les terres cuites où le feu sommeille ; enfin, dans la plus haute salle, la plus petite aussi, les fragiles Gravitations inspirées à l’artiste par la lecture de Saint Jean de la Croix : simples feuilles superposées deux à deux, finement découpées et encrées, épinglées au mur et qu’une simple respiration soulève... Leur chant silencieux m’inspira à son tour ces Cantilènes.

« Musique silencieuse, solitude sonore... »

St Jean de la Croix, Cantique Spirituel

"L'étonnement face à l'inconnu fut mon maître ; en écoutant son immensité j'ai essayé de regarder, je ne sais pas si j'ai vu."

"En une ligne le monde s'unit, en une ligne le monde se divise, dessiner est une tâche merveilleuse et terrible."

"Libre et alerte jusqu'à la fin
seulement guidé par un parfum"

Eduardo Chillida, Ecrits

 

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SIX CHANTS SYLDAVES (Jacques Burtin)
à Carmen et Gilles Samson

I. Pavane

II. Berceuse d’automne

III. Chant des moissons

IV. Berceuse de printemps

V. Chant de la jeune lune

VI. Ave Maria

 

LE CŒUR EBLOUI (Nouveaux chants syldaves) (Jacques Burtin)
à la mémoire de Louis Pauwels

I. L’Enfant bariolé

II. Chant du cœur ébloui

III. Aubade

IV. Elégie

V. Danse de l’ombre

VI. Berceuse de la saint Jean

J’ai découvert la Syldavie à l’âge de sept ou huit ans, grâce aux livres d’Hergé. C’est bien des années plus tard que j’ai commencé à en recueillir les chants traditionnels.

Le souci qui est le mien de la ligne mélodique, si proche pour moi de l’art des papiers découpés, rejoint peut-être aussi – je le réalise à présent – celui de la ligne claire chère à l’auteur de Tintin. Cette ligne ne va pas de soi : elle est toujours acquise de haute lutte face à toutes les tentations de sombrer. Elle n’est pas une simplification : elle est une sublimation. Elle est, face à la souffrance de l’artiste (qui est celle de l’humanité), une réponse morale.

Les sentiments les plus profonds ne sont pas nécessairement sombres comme l’enfer. Ils peuvent être bleus comme les vitraux de Chartres ou le vase du Lotus Bleu.

 

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LE CHEMIN CLAIR (Jacques Burtin)

« Je fus
Ce spongieux enfant emmêlé dans ses ailes
Et à vingt ans
Je marchais à midi en banlieue
Sans toucher terre
Dans la lumière surnaturelle qui dissipait les choses et me traversait le cœur »

Louis Pauwels, Dix ans de silence.

Cette pièce, composée à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Louis Pauwels, a été créée en l’église Notre-Dame de Grâce de Passy le 26 janvier 2007.

 

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LES FENÊTRES (Jacques Burtin)
à Jesús Molinero

Chaque livre, chaque tableau, chaque œuvre d’art est une fenêtre ; cette fenêtre n’ouvre pas sur un ailleurs imaginaire mais sur notre réalité la plus intime.

La petite suite des Fenêtres, qui emprunte son titre à un poème en prose de Baudelaire, est une invitation au voyage reliant entre elles les œuvres de dix poètes, écrivains ou artistes qui revêtent pour moi une signification particulière. C’est aussi une approche musicale du haïku (forme poétique brève pratiquée au Japon).

Certaines de ces pièces sont pour moi l’équivalent d’une prière jaculatoire – celle que l’on peut faire à l’instant même où l’on est saisi par l’amour ou la crainte du Créateur. Les Nus bleus ou la musique inspirée de la vingt-quatrième Sourate expriment la louange ; L’arbre, le signe, le visage ou Docteur Faustus, chapitre 44 sont, eux, proches d’un Kyrie.


I. Warhol, 48 visages

II. Mille années sans pensée de retour (Li Po)

III. Les Nus bleus (Matisse)

IV. Mondrian

V. L’arbre, le signe, le visage (Alexandre Hollan)

VI. Docteur Faustus, chapitre 44

VII. Les Carnets d’Enza Palamara

VIII. Le plus suave des parfums (T.E. Lawrence)

IX. Nocturne (Benoît Lardières)

X. Sourate 24, La Lumière

 

I. Warhol, 48 visages (48 visages d'Ingrid Bergman par ANdy Warhol)

Le livre était cher. Il m’attendit miraculeusement sur les rayons d’une librairie jusqu’au jour où je pus l’acquérir.

48 portraits d’Ingrid Bergman. Un portrait par page. Pour réaliser ces portraits, Warhol a travaillé à partir de trois photographies ; il a repassé à la main les lignes principales du visage, a distribué librement les couleurs et par le biais de la sérigraphie les a déposées sur la toile. Sur la première photo, l’actrice présente son visage de trois quarts, elle porte un grand chapeau, son regard semble posé loin de nous ; sur la deuxième, elle est de profil, tête nue, et son menton repose doucement sur sa main à demi repliée ; sur la troisième, elle porte la coiffe d’une nonne, a joint les mains et regarde l’objectif (mais semble ne pas nous voir). Les couleurs ne sont jamais les mêmes – les ombres se creusent ou se font lumineuses, de grands aplats rouges ou violets (d’un violet solennel, presque liturgique) forment l’écrin d’un visage étonné, proche et lointain, à la fois profane et sacré, comme peut l’être le visage de tout homme ou de toute femme ; et l’on assiste au mystère d’une âme qui déborde.

Nous sommes loin ici des portraits bien connus de Marylin, qui malgré mon atachement pour l’actrice ne m’ont jamais bien enthousiasmé, à l’exception des portraits négatifs (Reversal series). Ici la peinture redevient peinture, malgré la complexité des techniques utilisées : elle sonde à nouveau les mystères. Cette série de 48 portraits d’une même femme, toujours la même, toujours changeante, me rappelle que nous ne nous connaissons pas, que nous sommes irréductibles à toute définition, à toute notion, immensément sauvages et déliés.

 

II. Mille années sans pensée de retour (Li Po)


« J’aime la joie du Tung Kuan
mille années sans pensée de retour
je danse, mes manches tournoient,
et d’un geste frôlent le mont aux Cinq pins. »

Li Po, Sur le mont Tung Kuan, poème après l’ivresse

 

III. Les Nus bleus (Matisse)


« L’amour veut être en haut et n’être retenu par rien de bas... Rien n’est plus doux que l’amour, rien n’est plus fort, rien n’est plus haut, rien n’est plus large, rien de plus aimable, rien de plus plein, rien de meilleur au ciel et sur la terre, parce que l’amour est né de Dieu, et ne peut se reposer sinon en Dieu, au-dessus de toutes les créatures. Celui qui aime vole, court et se réjouit ; il est libre et rien ne le retient. »

L’Imitation de Jésus-Christ, citée par Henri Matisse dans Jazz.

 

IV. Mondrian

« L’artiste vraiment moderne ressent consciemment l’abstraction dans l’émotion de beauté : il reconnaît consciemment que l’émotion du beau est cosmique, universelle. »

Mondrian cité par Michel Seuphor, Piet Mondrian : Life and Work


Les toiles de Mondrian, comme les vitraux des grandes époques, m’apaisent et m’aident à ordonner mon espace intérieur. Je laisse en quelque sorte « faire le travail ». Contempler, c’est aussi cela : laisser faire l’autre en vous – celui qui sait. Non point l’artiste : Celui qui tenait sa main.

 

V. L’arbre, le signe, le visage (Alexandre Hollan)


Alexandre Hollan peint des arbres qu’il accompagne de l’aube au crépuscule, des natures mortes qu’il nomme vies silencieuses (pommes, simples objets ennoblis par l’usage), et des visages (au modèle, il demande de fermer les yeux : et c’est alors la vie intérieure qui affleure, à la fois celée et présente par le miracle de la patience).

Depuis des années, mon chemin croise et recroise celui d'Alexandre Hollan ; non que nous travaillions réellement ensemble - son art quasi monastique impliquant une grande part de solitude, celle qui permet de n'être séparé de rien - mais il m’a assez souvent invité à jouer de la kora au milieu de ses oeuvres, et ma façon de cheminer en musique n'est pas éloignée de celle dont il chemine en peinture.

J’ai joué pour la première fois devant ses toiles en 1993, à Villeneuve d'Ascq, et l'année suivante à Paris, à la Galerie Saint-Séverin. En mai 2002, Alexandre Hollan m’invitait à redonner un concert au milieu de ses œuvres : ce fut à la Galerie Vieille du Temple. Cette fois, je n’apportais pas une kora mais un petit ensemble d’instruments : un échantillonneur ou sampleur (petit appareil électronique qui me permettait de traiter de très petites unités de son : éléments naturels - froissement d’herbe, souffle, craquement d’une brindille... -, phrases musicales, voix), un minuscule synthétiseur (le QY100 de Yamaha, à peine plus grand qu’une cassette vidéo, muni d’un clavier miniature l’apparentant à un piano-jouet d’enfant) et une cloche tibétaine. L’enregistrement de ce concert est devenu, sous le titre Lumière du Monde, la première partie d’un triptyque encore inédit. La seconde partie se nomme Porte sans porte : il s’agit pour moi d’une sorte de travelling avant sonore d’une extrême lenteur à l’intérieur d’une toile d’Alexandre Hollan - un arbre au crépuscule, laissant tout juste entrevoir (espérer plus qu’entrevoir ?) un dernier regain de clarté. La musique voit dialoguer l’orgue, le piano et les percussions dans une succession de phrases allant de quelques secondes à sept ou huit minutes - comme la flèche de Zénon, chaque instant est le premier et le dernier, puisque le mouvement y est à peine perceptible. Le disque peut du reste se lire d’une manière aléatoire, bien qu’une courbe soit dessinée (je ne crois pas aux seules vertus du voyage : je crois aussi aux destinations). La troisième partie de ce triptyque, Vies silencieuses, est contituée de pièces pour kora seule. Par la suite, j’ai également réalisé un court métrage - L’Autre regard - qui est l’exploration de l’un de ses plus récents accrochages, à la Galerie Vieille du Temple.


"Quand l'art diminue
le silence grandit.
C'est la décréation."

"Près de l'endroit où je vis en été il y a un vieil olivier. Depuis six ans chaque été je le dessine tous les soirs jusqu'à la nuit complète : un seul grand dessin au fusain chaque été.
Rester sur le même dessin soir après soir : laisser travailler le temps... Le regard se tourne lentement vers l'invisible... L'espace devient de plus en plus tactile, silencieux. La vue s'étale, comme une trame vivante qui se laisse imprégner de tout ce qui est là... Et quand tout trouve sa place juste, on a le sentiment d'être au coeur des choses."

"Soudain l'arbre sort de sa forme et de nouveau se retire en elle. Il sort pour reprendre tout ce que le regard lui a volé, il emporte avec lui le regard."

Alexandre Hollan, Je suis ce que je vois

 

VI. Docteur Faustus, chapitre 44

Le Docteur Faustus de Thomas Mann est l’un des deux grands romans du XXème siècle consacrés à la musique ; l’autre est Le Jeu des perles de verre de Hermann Hesse. Chacun explore à sa manière les thèmes de la vocation, de l’amitié, de l’ascèse. J’ai lu et j’ai aimé Le Jeu des perles de verre à l'âge de dix-huit ans ; j’ai acheté le docteur Faustus à trente ans, mais n’ai pu le lire que quinze ans plus tard. Il était là, dans ma bibliothèque, et m'accompagnait dans tous mes déménagements ; un matin, à mon réveil - c'était il y a trois ou quatre ans -, j’ai su qu’il était temps. Il est probable, du reste, que je ne l’aurais pas compris plus tôt : j’aurais cru, par exemple, que la présence du Diable auprès du héros de ce livre n’y était qu’un symbole. (On préfère penser que l’Enfer n’est que l’absence de Dieu, et que le Mal n’est qu’une représentation figurée du chaos.)

Dans son livre, Hermann Hesse nous rappelle - entre autres - qu’il n’y a pas de théologie sans anthropologie ; Thomas Mann, quant à lui, nous dit simplement qu’aucun artiste n’échappe à la tentation, et que derrière le destin d’une œuvre se cache toujours le destin d’un homme.

Quels que soient les dangers spirituels qu’il doit affronter, il est néanmoins un moment dans le livre où tout pourrait basculer, où tout pourrait être différent, où le héros pourrait échapper à son destin (ou le délier) : il s’agit de la rencontre avec un enfant, l’enfant Népomuk, dont je ne dirai rien parce qu’il est l’âme perdue de ce grand livre ouvert.

 

VII. Les Carnets d’Enza Palamara


Je connais Enza depuis longtemps. Nous partageons l’amour de la poésie et des choses vraies ; pourtant, pendant des années, je l’ai côtoyée sans soupçonner qu’elle était en train de créer une oeuvre singulière. Un jour, devant un petit groupe d'amis, elle ouvrit ses Carnets et ce fut la surprise...

Agrégée de lettres, enseignant les rapports entre la poésie et la peinture à l’Université de Tours, elle ne s’était jamais autorisée à peindre ou à poursuivre une oeuvre personnelle lorsqu’à la suite d’une grave maladie, succédant à la perte d’êtres chers, une porte insoupçonnée s’ouvrit. Un livre cherchait à naître.

Pour vaincre ses réticences, une amie lui suggéra d’utiliser sa main gauche pour dessiner. Avec de beaux crayons de couleurs achetés à Prague, sur un carnet provenant de la même ville, elle commença à faire ce qu’elle appellait des gribouillages : des formes, des images apparaissaient, se précisaient, des paysages se déliaient, de beaux visages sévères voulaient prendre la parole. En regard des images, Enza Palamara notait ses impressions, ses lectures. Elle ne savait pas qu’elle commençait à tenir une sorte de journal spirituel qui se poursuit encore, et dont j’ai tenté de donner un aperçu dans un court métrage : « Les Carnets d’Enza ».

La musique que je donne ici, très brève, veut évoquer le mystère de ces images qui viennent à notre rencontre comme se révèle une photo dans le bain chimique.

« Il t’a été donné
d’assister
à la naissance de ton Âme
à sa venue
à la Lumière

Et c’est la naissance
du monde
que tu as vécue
tout au fond
de ton être

Dans le silence
dans le désert
tu as découvert
une insondable
transparence
de toi-même à toi-même
- telle est l’âme -

Tu as entendu
la Parole voilée
elle t’a révélé
qui tu es »

Enza Palamara, Rassembler les trait épars

 

VIII. Le plus suave des parfums (T.E. Lawrence)


« (…) Notre chevauchée nous avait emportés très loin dans les collines ondoyantes au nord de la Syrie, jusqu’aux ruines d’un édifice romain destiné par un prince de la frontière, selon la croyance des Arabes, à servir, dans le désert, de palais à son élue. L’argile de ses briques avait, disait-on, été pétrie, pour lui donner plus de prix, non point avec de l’eau, mais avec les précieuses huiles essentielles des fleurs. Mes guides, en reniflant l’air comme des chiens, me menèrent des éboulis d’une pièce à ceux d’une autre en disant : « Voici du jasmin, voici de la violette, voici de la rose. »

« Mais Dahoum finit par m’attirer : « Viens sentir le plus suave de tous les parfums. »

Nous pénétrâmes dans le corps principal du logis, jusqu’aux cavités béantes de ses fenêtres qui perçaient la façade est, et là, bûmes à pleine bouche le vent vide du désert qui passait en frémissant sans effort ni tourbillon. Cette lente haleine était née quelque part, au-delà du lointain Euphhrate, avait longuement cheminé durant maint jour et mainte nuit parfumée d’herbe morte jusqu’au premier obstacle qu’elle avait rencontré, les murs humains de notre palais en ruine. Elle semblait s’attarder, inquiète, autour d’eux, en un murmure enfantin. « C’est là, me dirent mes Arabes, le meilleur : il ne sent rien. »

T.E. Lawrence, Les Sept Piliers de la Sagesse, Introduction, Chapitre III.

 

IX. Nocturne (Benoît Lardières)


« Si le ciel hésite – il s’y fait une grande bataille d’ombres noires et blanches – à peine réapparue qu’à nouveau envolée, ton chant d’étreintes sous la main qui empoigne la nuit. Si le ciel hésite – il s’y fait à force de vents, à hauteur de tempêtes, à longueur d’éclipses, une sorte de supplique – tout passe, change et file, de l’incertitude inquiète à la plus folle espérance, le souvenir s’étouffe aux bras d’une morte. Si le ciel danse – « un immense incendie », m’écris-tu – les journées sont devenues coupantes, il saigne depuis le bord de l’aube des heures lentes et silencieuses. »

Benoît Lardières, Si le ciel hésite

 

X. Sourate 24, La Lumière

« Dieu est la lumière des cieux et de la terre !
Sa lumière est comparable à une niche où se trouve une lampe.
La lampe est dans un verre ;
le verre est semblable à une étoile brillante.
Cette lampe est allumée à un arbre béni :
l’olivier qui ne provient ni de l’Orient, ni de l’Occident
et dont l’huile est près d’éclairer
sans que le feu la touche.
Lumière sur lumière ! »

Sourate 24, La Lumière, verset 35.

 

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LE CHÂTEAU DE L’ÂME (Jacques Burtin)
à Elina Pauwels

I. Prélude

II. Premières Demeures

III. Deuxièmes Demeures

IV. Troisièmes Demeures

V. Quatrièmes Demeures

VI. Cinquièmes Demeures

VII. Sixièmes Demeures

VIII. Septièmes Demeures


Le Château intérieur – encore appelé Château de l’Ame, ou Livre des Demeures – est un traité de Sainte Thérèse d’Avila. Elle y décrit avec précision, avec flamme, et non sans humour, l’âme humaine et les sept demeures qui la constituent. Dans la demeure centrale - la septième - se tient Dieu ; chaque demeure représente un état de la prière, un pas en avant dans la relation à la divinité.

Ce château n’est pas une forteresse : c’est un palais illuminé de l’intérieur, et c’est aussi tour à tour une fontaine, une perle, une colombe volant de place en place et guidée par l’amour.


« Ce que l’âme désire, c’est de s’occuper tout entière à aimer, et ne pas faire autre chose. »

Sainte Thérèse d’Avila, Le Château intérieur

 

 


Photo Xavier Lucchesi

 

CD 3 – LE JEU DES PERLES DE VERRE
à Pierre

 

TANT ET TANT D’AMOUR (Jacques Burtin)
à la mémoire de Georges et de Marie-Jo Simenon
à Françoise Murillo


Automne 1989 : lecture des Mémoires intimes de Georges Simenon, qu’accompagnent les écrits de sa fille Marie-Jo. Une double quête de vérité et d’amour.


1er mouvement - Le Matin du monde

La vocation du père. Je serai écrivain. Les années d’apprentissage. Le douloureux désir de connaître l’homme dans toutes ses dimensions. « Comprendre et ne pas juger » deviendra la devise de Simenon.


2ème mouvement - Please, Dad, make me die (Plus grand que la vie)

« S’il te plaît, Papa, fais-moi mourir... » (Marie-Jo Simenon, dans une lettre à son père.)

Qu’est-ce qui est plus grand que la vie ? Quel désir sans nom habitant notre cœur ?

« J’aurais voulu vivre dans la Beauté, la Paix et l’Harmonie, connaître l’Amour à nouveau, entrer dans l’Amour pour la première fois, avec tendresse, avant de mourir.»


3ème mouvement - Petite valse (Remember Tennessee Waltz)

Grandes vacances. Marie-Jo est encore une enfant. Aux bras de son père, elle entre dans le salon du Grand Hôtel : l’orchestre les accueille en jouant Tennessee Waltz, un standard de l’époque particulièrement apprécié de l’enfant.

Le père et la fille dansent. Jamais cette image ne s’éteindra.

(Lorsque j’ai composé cette musique, je ne connaissais pas Tennessee Waltz : j’ai rêvé cette musique de l’homme et de l’enfant unis dans l’émotion, le mystère.)

 

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LE VISAGE (Jacques Burtin)
à Béatrice Agenin

Ce visage, pour moi, c’est celui de la Vierge tel que dut le découvrir l’Enfant nouveau–né : Beauté des Beautés, le chant de l’Univers avant que ne se lève la Parole. La seconde partie du morceau veut traduire la douceur attentive de l’âne et du bœuf.

 

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L’ANNONCE A ZACHARIE (Luc I, 8-20) (Jacques Burtin)
au frère Dominique Catta

Ses lèvres scellées. Le doute et l’assentiment. « Il te naîtra un fils. » Debout devant les vivants.

 

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MA JOIE LÉGÈRE COMME LA CENDRE (Jacques Burtin)
à la mémoire de Pierre Robbe

« …et l’amandier est en fleur,
et la sauterelle est pesante,
et le câprier s’épanouit
tandis que l’homme s’en va vers sa maison d’éternité… »

L’Ecclésiaste 12, 5

 

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LA RIVIÈRE D’ÉTÉ (Jacques Burtin et Frère Damien Harada)
à Paul Fournel


« Quel bonheur
de traverser la rivière d’été
les sandales à la main ! »

Buson


Cette pièce fut improvisée, du début jusqu’à la fin, par le frère Damien Harada et moi-même, dans le chœur de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay.

Cheminer, avancer dans la confiance ; accepter de ne pas savoir. Voir fleurir l’instant.

 

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LE JEU DES PERLES DE VERRE
(Jacques Burtin)
à la mémoire de Hermann Hesse
à Vincent Gille

I. La Lumière du matin

II. Vocation

III. Amitié et solitude

IV. Chant profond

V. Les Tiges d’achillée

VI. Le Sourire et le vent

VII. Le Jeu des perles de verre

VIII. Le Rêve du maître et de l’enfant


C’est un art très ancien. Des musiciens, des astronomes, des physiciens, des poètes lui ont donné le jour. Il marie toutes les branches de la Connaissance, toutes les aspirations de l’humanité. C’est un élan, un rêve, une ascèse.

Hermann Hesse lui a consacré un livre ; les huit pièces ici réunies s’en inspirent et évoquent la destinée de l’un des joueurs.


« Il avait vécu la minute de la vocation, dont on peut bien dire qu’elle est un sacrement : le monde idéal que son cœur n’avait jusqu’alors connu que par ouï-dire et par ses rêves ardents lui était devenu visible, il s’était ouvert devant lui. »

Hermann Hesse, Le Jeu des perles de verre

 

 

Sources d'inspiration (index)

 

La Bible (Luc I, 8-20) L'Annonce à Zacharie
La Bible (l'Ecclésiaste, 12, 5) Ma joie légère comme la cendre
Buson La Rivière d'été
Carmel-by-the-sea Carmel, California (Seul l'amour - Eastwood Diptych II)
Eduardo Chillida Cantilènes
Le Coran (Sourate 24) Sourate 24, La Lumière (Les Fenêtres X)
Clint Eastwood La prochaine saison (Seul l'amour - Eastwood Diptych I)
Hergé

Six chants syldaves
Le Coeur scellé (Nouveaux chants syldaves)
Hermann Hesse Le Jeu des perles de verre
Etty Hillesum Une femme sous la pluie (Ballade pour Etty)
Alexandre Hollan L'Arbre, le signe, le visage (Le Fenêtres V)
Yves Klein Sonate pour kora n°1 - L'Or jeté au fleuve
Benoît Lardières Nocturne (Les Fenêtres IX)
T.E. Lawrence Le plus suave des parfums (Les Fenêtres VIII)
Li Po Mille années sans pensée de retour (Les Fenêtres II)
Thomas Mann Docteur Faustus, Chapitre 44 (Les Fenêtres VI)

Henri Matisse

Heureux ceux qui chantent
Les Nus bleus (Les Fenêtres III)

Joan Miró Danseuse espagnole
Mondrian Mondrian (Les Fenêtres IV)
Enza Palamara Les Carnets d'Eza Palamara (Les Fenêtres VII)
Louis Pauwels

Le Coeur ébloui (Nouveux chants syldaves)
Le Chemin clair
Yves Saint Laurent Heureux ceux qui chantent
Grace Schulman Le Jour des merveilles (Days of wonder)
Georges et Marie-Jo Simenon Tant et tant d'amour
Sainte Thérèse d'Avila Le Château de l'âme
Andy Warhol Warhol, 48 visages (Les Fenêtres I)

 

 

Bibliographie

 

La Bible, version de la Bible de Jérusalem, Editions du Cerf, 1998

Le Coran, traduction de Denise Masson, Gallimard, 1967

Eduardo Chillida, Escritos, La Fábrica, Madrid, 2005 (Les passages cités ici sont traduits par Jacques Burtin)
Site web du Musée Eduardo Chillida (Chillida Leku) : www.eduardo-chillida.com

Hergé, Le Sceptre d'Ottokar, Casterman, 1947

Hermann Hesse, Le Jeu des perles de verre, Calmann-Lévy, 1955

Alexandre Hollan, Je suis ce que je vois, Le Temps qu'il fait, 1997
Sur Alexandre Hollan : Yves Bonnefoy, La Journée d'Alexandre Hollan, Le Temps qu'il fait, 1995
www.galerievieilledutemple.com - www.artespace.net

Etty Hillesum, Lettres de Westerbork, Editions du Seuil, 1988
Le journal d’Etty Hillesum a d'abord été édité sous le titre Une vie bouleversée, Seuil, 1985. L'édition intégrale de son journal et de ses lettres a ensuite été publiée par les Editions du Seuil en 2008 (Les Ecrits d'Etty Hillesum, Journaux et lettres 1941-1943). Toutefois, Une vie bouleversée demeure un livre précieux, émouvant et documenté, que je recommanderais volontiers pour une première approche.

Benoît Lardières, Si le ciel hésite, in Nocturnes, La Goutte d’Eau, 2007
Benoît Lardières a publié de nombreux livres aux Editions de la Goutte d'Eau (livres non commercialisés, donnés de la main à la main, tirage limité). Sur son site - http://www.lignesefuite.com - vous trouverez de nombreux textes (fichiers audio ou vidéo) ainsi qu'une série de méditations en vidéo sur des oeuvres d'art. Pour y accéder, cliquez sur "Marelle", puis dans la case "Peintures", puis sur "12+1": vous y êtes. Le texte et la réalisation sont de Benoît Lardières; j'ai personnellement écrit la musique des sections "Amnésie" (sur une photo de Sophie Calle), "Danseuses" (sur les différentes Danseuses espagnoles de Miró), "Anges" (Les Yeux dans les ailes des anges, sur les peintures romanes du Musée National d'Art Catalan de Barcelone), "Merveilles" (Le Jardin des merveilles, sur Paul Klee), "Désespoir" (Donner un visage au désespoir, sur les portraits photographiques de Baudelaire, Rimbaud et Nerval), "Forêts" (Dans les forêts profondes, sur Max Ernst) et "La Rime et la Raison" (sur la collection de Jean et Dominique de Menil).

T.E. Lawrence, Les sept piliers de la sagesse, La Pochotèque/Le Livre de poche, Librairie Générale Française, 1995

Li Po, Buvant seul sous la lune, poèmes traduits du chinois par Cheng Wing fun et Hervé Collet, Editions Moundarren.
Pour qui aime la poésie chinoise ou japonaise, je ne saurais trop recommander les publications des Editions Moundarren. Les traductions des haikus y sont les meilleures que je connaisse : elles ne portent pas la marque des contorsions intellectuelles communes à tant de traducteurs. Ce sont les Editions Moudarren qui m’ont fait découvrir Li Po ; ces mêmes éditions proposent une traduction totalement renouvelée du Tao Te King qui y accède à une dimension poétique encore inédite et s’offre ainsi à une redécouverte. Qui plus est, ces livres sont réalisés avec soin. Site web : www.moundarren.com

Thomas Mann, Le Docteur Faustus, Albin Michel, 1950
Parmi les romans contemporains axés sur la musique (mais qui débordent largement ce thème), il en est au moins deux qui méritent d’être cités : Corps et âme de Frank Conroy et La Musique du père de Derbot Bolger.

Henri Matisse, Jazz (1947), repris dans Ecrits et propos sur l’art, Hermann, 1972
Pour une première découverte de ses collages : Gilles Néret, Henri Matisse, Gouaches découpées, Taschen, 1994
Pour l'amour des beaux livres : Jean Guichard-Meili, Les Gouaches découpées de Henri Matisse, Fernand Hazan, Paris, 1983
sans oublier l'inépuisable somme de Louis Aragon : Henri Matisse, Roman, Gallimard, 1971

La Danseuse espagnole de Joan Miró peut être admirée au Centre Georges Pompidou, à Paris

Enza Palamara, Rassembler les traits épars, Orizons, chez l'Harmattan, 2008

Louis Pauwels, Dix ans de silence, Grasset, 1989

Pierre Restany, Yves Klein, Chêne/Hachette, 1982

Sur Yves Saint Laurent:
Robert Murphy, Les Paradis secrets d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé, Albin Michel, 2009
Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, Histoire de notre collection de tableaux, Actes Sud, 2009

Grace Schulman, Days of Wonder : New and Collected Poems, Houghton Mifflin Company, 2002

Sainte Thérèse d’Avila, Le Château de l’âme, Editions du Seuil (Collection Points), 1997

Georges Simenon, Mémoires intimes suivis du Livre de Marie-Jo, Presses de la Cité, 1981

Andy Warhol, Portraits of Ingrid Bergman, Galerie Börjeson, Malmö, Suède, sans date (circa 1983)

 

 

 

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